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Tai-Chi-Chuan

LA CONTINUITE

Les mouvements doivent être enchaînés sans rupture.
Le geste commencé se poursuit du début à la fin de l’exercice sans interruption. De plus, aucun geste n’est poussé à son point extrême. Ne pas allonger les pas ou les bras aussi loin que possible, de sorte que la fin d’un mouvement amorce le commencement du suivant.
Les mouvements des bras sont généralement de force spirale, commençant ou achevant un cercle, demi-cercle, courbe, soit verticalement, horizontalement ou en biais.
Accomplir les mouvements comme on tire sur un fil de soie. Ils s’exprimeront sans interruption, sans rupture, sans discontinuité. Le corps se meut comme une rivière, sans cesse parcourue par le même flot.

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Sans limite
tel le flot de la rivière
qui demeure
et change sans cesse.

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LES SIX ACCORDS

Le cœur en accord avec l’intention,
L’intention en accord avec le souffle,
Le souffle en accord avec l’énergie,

La main en accord avec le pied,
Le coude en accord avec le genou,
L’épaule en accord avec la hanche.

 

HISTORIQUE
Traditionnellement on distingue deux courants de l’art martial en Chine : le courant exotérique, dont on dit qu’il prit naissance au temple Shào-lín situé dans la province de Hè-nàn ; il est associé généralement au personnage Bodhidharma qui y aurait séjourné vers le début du VIème siècle. Le second courant, appelé ésotérique, est relié au mont Wu-dàng situé dans la province de Hù-běi qui était un lieu renommé du Taoïsme. Ce lieu est associé généralement au personnage de Zhāng Sān-fēng qui y séjourna et qui vécut entre le début du XIIème siècle et la fin du XIIIème siècle. On lui attribue la fondation du Tài-jí quán et la légende la plus connue à ce sujet dit qu’en un jour, alors que Zhāng Sān-fēng se trouvait à sa fenêtre, il vit un duel entre un oiseau et un serpent. L’oiseau faisait des mouvements saccadés et dispersés. Le serpent se mouvait en souplesse et en cercles. Le serpent gagna. Zhāng Sān-fēng comprit alors que la souplesse et l’attention gagnent sur la raideur et la dispersion.
Pour distinguer le courant exotérique et le courant ésotérique Tài-jí quán, on caractérise le premier par une pratique où prédomine le travail musculaire et l’efficacité du geste, alors que le second insiste plus sur le travail du souffle intérieur et la lenteur des mouvements. Le lien étroit entre le Tài-jí quán et le Taoïsme explique, pour une grande part, cette différenciation.

 

Principales écoles
On distingue généralement cinq écoles de Tài-jí quán :

 

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Tài, exprime l’ultime, l’extrême, le suprême.
Jí, exprime la limite, le faîte.
Quán, exprime le poing, le combat, l’action.

 

Tài-jí, est le faîte suprême, la limite ultime. Tài-jí naît de Wú-jí l’Absolu, l’Infini, le Sans Nom.
Tài-jí, est le principe premier, universel, omniprésent, le grand jeu où s’opposent et s’unissent Yīn et Yáng, la Terre et le Ciel, le féminin et le masculin, le repos et l’activité.
Yīn et Yáng expriment tous les phénomènes et toutes les existences. L’interaction de ces deux énergies à la fois antagonistes et complémentaires engendre tous les êtres. L’Univers est traversé par des équilibres dynamiques ; rien n’est figé, fixé ; tout est mouvement, si imperceptible soit-il.
La souplesse est cachée dans la fermeté et la fermeté est cachée dans la souplesse. Activité et inactivité alternent ; en même temps l’activité inclue l’inactivité, l’inactivité incluse l’activité. Avancer et reculer, unir et séparer, droite et gauche, haut et bas, plein et vide ne peuvent être dissociés. Yīn et Yáng sont séparés et mêlés à la fois ; de leur équilibre naît l’unité car la non-dualité est le centre. Demeurer dans la non-dualité signifie se tenir au milieu des changements. C’est pourquoi le sage connaît l’unité des contraires.
Tài-jí quán exprime l’Action du Faîte Suprême. Parfois il est appelé combat contre l’ombre. La dimension martiale du Tài-jí quán ne se réduit pas à une technologie de combat. Elle puise sa signification profonde là où le combat n’est pas la lutte. Par-delà le sens étymologique qui eut en être donné, le Tài-jí quán conserve un aspect mystérieux.

 

Yin et Yang

DIAGRAMME DU DOUBLE POISSON

L’un des symboles cosmogoniques pour représenter le principe du Yīn et du Yáng correspond au diagramme ci-dessus.
Le Yīn est figuré par le demi-cercle noir ou poisson Yīn et représente le principe féminin. Le Yáng est figuré par le demi-cercle blanc ou poisson Yáng et représente le principe masculin. Il n’y a pas dissociation mais relation, interaction entre ces deux énergies. Cette complémentarité est symbolisée par le petit cercle Yáng dans la forme Yīn et par le petit cercle Yīn dans la forme Yáng.

 

SENTIR LE MOUVEMENT

Chaque mouvement naît, se développe, décline et n’est pas séparé de celui qui le précède ni de celui qui le suit ; il est partie intégrante d’un mouvement plus vaste qui se déploie sans rupture, tel un flot continu.
La pratique du Tài-jí quán permet de percevoir et d’équilibrer notre dynamisme vital intérieur et extérieur. Elle nous met en relation avec le grand cycle de la vie et nous aide à conduire l’énergie sans effort dans la stabilité.
Le premier mouvement que réalise un débutant contient déjà toute la pratique. C’est pourquoi sentir le mouvement ne dépend pas simplement de la difficulté technique de l’exercice. C’est un état d’attention, d’ouverture et de calme. La constance de la pratique développe cette présence à soi-même. Sur la base des principes du Tài-jí, la technique apparaît non pas une recherche de performance mais devient, au contraire, le support qui permet de développer la stabilité, d’enrichir la créativité, de s’ouvrir plus largement à soi-même, aux autres, à l’espace.

 

ENTRE TERRE ET CIEL

L’homme est en mouvement entre terre et ciel. La marche en est l’exemple le plus simple et le plus évident. La pratique du Tài-jì quàn réalise une union entre le haut et le bas ; elle relie notre aspiration vers le ciel et notre enracinement dans la terre. Par la présence de la souplesse et de la stabilité, le mouvement peut alors être à la fois ouvert, ferme et mobile. De là naît la vraie fluidité dans laquelle la légéreté n’est pas flottement et l’environnement n’est pas lourdeur. Privée de ses racines, une plante ne peut grandir ; privée de la lumière, elle ne peut s’épanouir.

 

L’UNION DE L’ESPRIT ET DU CORPS

Chaque mouvement doit être réalisé avec une soigneuse attention. C’est l’intention qui guide en avant les pieds ou les mains vers la direction.
Etre attentif dans le corps. L’esprit conduit le mouvement. C’est être présent.

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« Faire un pas comme un chat qui marche. Conduire l’énergie comme on tire un fil de soie. »

 

Dans le Tài-jì quán, on distingue trois sortes d’énergie.

L’énergie (Jìn) n’est pas la source : elle est la manifestation. La source véritable de cette énergie est appelée « souffle intérieur » (Qì). Jin, l’énergie, est manifestation et c’est en ce sens que l’on parle d’énergie de parer, de tirer, de dévier, de fondre, etc.
Qì, le souffle intérieur, est en mouvement avant la naissance et peut être enrichi par la pratique.

 

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Quels que soient les nuages
le bleu du ciel est toujours présent.

 

Textes extraits du livre Tài-jì quán de jean Gortais